Part-Dieu : une contre visite avec les habitants

Une trentaine de personnes a accompagné Nathalie Perrin-Gilbert samedi 8 février dans une contre-visite du projet Part-Dieu. Guidé par Jean-Jacques Lacroix et GIlbert Dumas, membres du Collectif Part-Dieu, le groupe a pu découvrir les travaux en cours, ceux encore à l'étude, et surtout les incohérences d'aménagements qui ne prennent pas en compte les besoins des habitants.


La balade a débuté sur la passerelle enjambant la rue Bouchut. Un point de vue unique pour comprendre à la fois la percée de cette rue – côté gare – et la disparition de l'espace vert qui faisait du terrain de France 3. La percée de la rue va alimenter le parking des Cuirassiers, mais surtout envoyer toujours plus de voitures dans la rue Mazenod (qui prolonge la rue Bouchut un fois passé la rue Garibaldi). Une circulation multipliée par 5 selon les estimations, forcément basse de la SPL Part-Dieu qui pilote le projet. Une circulation qui va envahir un quartier d'habitation dont les voiries ne sont pas dimensionnées pour un tel flux automobile.


Le groupe, composé de membres de la liste « Lyon en Commun » du 3e arrondissement et sa tête de liste Nicolas Planchon, s'est ensuite rendu sur la place des Martyrs de la Résistance. Les travaux en cours dans l'école Léon-Jouhaux sont une aberration. La belle école centenaire de type « Jules-Ferry » va être totalement dénaturée par l'ajout d'un nouveau bâtiment sur la partie basse de l'école. Résultat : le groupe scolaire passera à 24 classes.

La cour de récréation devenant trop petite, une nouvelle cour sera créée... hors de l'école, sur la place des Martyrs de la Résistance ! Outre l'erreur de vouloir faire « grossir » cette école, le nouvel emplacement de la cour ampute la place et prive les habitants du quartier du projet de square qui avait été un temps évoqué. Pire ! Les élèves devront traverser la rue des Rancy (désormais ouverte sur la rue Garibaldi et donc plus utilisée par les automobilistes) pour prendre leur temps de pose. Si l'on ajoute à cela que l'école Jean-Jaurès, située dans le 6e arrondissement, face aux Halles, a dû pousser les murs pour accueillir de nouvelles classes, il est évident que le projet Part-Dieu aurait dû inclure la construction d'un nouveau groupe scolaire. Encore une fois, comme dans tous les projets de Gérard Collomb et David Kimelfeld, il manque les équipements publics nécessaires pour répondre aux besoins de proximité des habitants.


Le percement de la rue Bouchut, la place des Martyrs de la Résistance amputée, le parc d'une résidence social rue Desaix pour moitié récupéré pour bâtir des nouveaux immeubles... La nature a été totalement oubliée dans ce projet. A peine quelques arbres deci delà, mais surtout des espaces verts pourtant bien indiqués sur les plans de la SPL, mais voués dans la réalité à devenir des bâtiments ou des parvis minéraux.


Le seul objectif du duo Collomb-Kimelfeld est de booster l'attractivité de la ville. Un programme qui faire la part belle aux promoteurs immobiliers, aux bureaux, au commerce de masse, dans l'idée de concurrencer les grandes capitales européennes. Mais sans se soucier des Lyonnaises et des Lyonnais qui n'arrivent plus à se loger, repoussés en périphérie de la ville pour faire de la place aux investisseurs.

 

Dans les dernières phases du projet Part-Dieu, certains terrains ne sont pas encore en chantier : il est encore temps de reprendre la main, de limiter le flux automobile, d'ajouter espaces verts, services publics et logements abordables pour tous !

Il est encore temps d'écouter les habitants et de leur proposer une ville à vivre, pas une ville à vendre !