Ouvrir la mairie d'arrondissement aux citoyens Reprendre les clefs de la ville

La situation lyonnaise en matière de démocratie locale est un cas tout à fait particulier. Gérard Collomb refuse d'appliquer la loi de 1982 « Paris Marseille Lyon » sur la  déconcentration des pouvoirs aux arrondissements.

 

Le déni des arrondissements

Ainsi, le conseil municipal ne mentionne pas les avis des conseils d'arrondissement lorsqu'il est amené à se prononcer sur des dossiers les concernant. Gérard Collomb refuse que les conseils d'arrondissement gèrent les équipements publics de proximité qui leur sont dévolus  (écoles, crèches, bibliothèques...) ; refuse qu'ils élaborent leurs règles de fonctionnement ; refuse qu'il leur soit allouer des budgets pour engager des travaux (rapport 2019 de la chambre régionale des comptes). La Ville de Lyon est désormais assignée au tribunal administratif pour ces manquements à la loi.

 

La concentration des pouvoirs à la métropole

Ce déni de démocratie s'est accentué en 2015 lorsque Gérard Collomb et Michel Mercier, sans en référer à aucun élu, pas même leurs propres partenaires, ont annoncé une loi d'exception, à savoir la création de la Métropole de Lyon et du Nouveau Rhône, afin de se répartir deux collectivités comme des principautés. De nombreux maires ont dénoncé un effacement des communes au détriment du lien avec les citoyens. Les arrondissements ont purement et simplement été gommés de la loi. La Métropole concentre désormais les pouvoirs mais n'en réfèrent plus vraiment aux élus municipaux ni aux citoyens.

 

La marchandisation de Lyon

Enfin, Gérard Collomb a progressivement confié les clefs de la ville au secteur privé, et notamment à quelques grands groupes économiques, favorisant ainsi la marchandisation de Lyon, au détriment du patrimoine public et de la délibération citoyenne. Lyon échappe aux Lyonnais : quartiers rachetés par des fonds de pension, braderie du patrimoine public au profit d'hôtels de luxe, délégation de services publics au secteur marchand, quartiers entiers devenus terrain de jeux pour les promoteurs, « airbnbisation » de Lyon au détriment du droit au logement, extension de la publicité sur l'espace public...

 

Lyon en commun veut déconfisquer la ville en redonnant des espaces de décision aux habitants, en positionnant l'arrondissement comme un échelon démocratique essentiel, en réaffirmant l'intérêt général face aux intérêts économiques.