Le sourire de Fatima me fait de la peine, et ça me ramène à LE PEN

La semaine dernière nous distribuions des tracts près de l’école Painlevé une école publique vivante avec un public mélangé des équipes pédagogiques et une association de parents dynamiques. Une dame m’a pris religieusement ( religieusement mon Charlie ça veut dire ici délicatement avec soin, mais cela n’a aucune connotation religieuse)  mon tract et l’a mis dans sa poche pour le lire. Et franchement, ça me change de ceux ou celles qui font semblant de ne pas voir le tract que je leur tends.

 Et elle m’a souri et m’a dit « mais moi je ne vote pas »

 Naïvement je lui ai demandé pourquoi, en étant prêt à développer un argumentaire adapté.

Et elle m’a répondu qu’elle était de nationalité algérienne, qu’elle était en France depuis plus de 15 ans, et qu’elle ne pouvait pas voter

 Le même soir, je rencontre une autre jeune femme qui m’explique aussi qu’elle ne peut pas voter car elle est étrangère, et qu’elle a beaucoup de difficultés pour obtenir la nationalité française

 

 Qu’elles s’appellent Fatima Leila ou Rihanna, ou Mounir[1] avec qui j’ai discuté à la sortie d’un magasin U,  je ne peux m’empêcher de voir là une discrimination incroyable.

Ces habitant-e-s travaillent, paient des cotisations sociales, connaissent le manque d’équipements publics, parfois la dureté de l’augmentation des loyers et ils n’ont pas le droit de voter – au moins aux élections municipales » alors que les Européens de l’UE peuvent voter,  même les Anglais qui quittent l’Europe. Comment justifier une telle inégalité de statut ?

 

On s’étonnera alors que se développe le communautarisme ou la vie d’expédients et de trafics divers pour une partie des ces habitant-e-s.

Mais la République a le devoir d’intégrer tous ceux qui vivent sur son sol dans une même communauté républicaine sans différence de races de sexe ou de religion. Et la première intégration c’est la citoyenneté par le droit de vote

 Ce droit de vote aux municipales a été promis par Mitterrand dans les années 80 : mais ce ne  furent  donc, comme le chantait Dalida à laquelle  notre Président n’était pas insensible, que des

Paroles, paroles, paroles….

Et les socialistes, même quand ils eurent la majorité des régions la majorité au sénat et à l’assemblée nationale, n’ont pas fait avancer le dossier, laissant ainsi l’opinion gagnée par le discours de rejet du front national.

Au point que aujourd’hui, «  l’inquiétude face aux migrants » distillée des années par le FN, quand la gauche renonçait à ses valeurs , devient un argument de campagne municipale repris à droite et parfois à gauche,  englobé sous le terme « fédérateur » de Sécurité » confondant pêle-mêle religion migration, terrorisme, islamisme dans une même tambouille puante.

 

 Rappelons que la constitution de 1793 disait : 

ART. 4. - Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt et un ans accomplis ; - Tout étranger âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année - Y vit de son travail - Ou acquiert une propriété - Ou épouse une Française - Ou adopte un enfant - Ou nourrit un vieillard ; - Tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l'humanité - Est admis à l'exercice des Droits de citoyen français.

 

A « Lyon en commun » nous n’avons pas la possibilité de changer la loi nationale, ce qui est de l’ordre du pouvoir législatif. Mais nous pouvons au moins, au niveau municipal intégrer dans les assemblées territoriales, dans toutes les commissions municipales et dans les votations citoyennes ces étrangers,  ces étrangers aux noms  difficiles à prononcer comme l’écrivait ARAGON qui sont parfois plus patriotes et attachés à la France que beaucoup.

 

[1] Les prénoms sont des prénoms d’emprunt