Gerland - Jean Jaurès (7e) : Ralentir la croissance urbaine et développer les équipements publics

 

Autrefois quartier industriel et ouvrier, Gerland s'est profondément transformé ces vingt dernières années avec la conversion de friches industrielles en logements et bureaux. Cette évolution s'est faite sous la pression des promoteurs immobiliers, dans un contexte d'attractivité défendue par l'exécutif métropolitain.

 

Il en a résulté une croissance mal maîtrisée du secteur sud de l'arrondissement qui a enregistré 10 000 habitants de plus en seulement 10 ans et qui devrait accueillir 10 000 habitants supplémentaires ces 10 prochaines années. Les prix de l'immobilier ont progressé de +47 % en 10 ans.

 

Dans ce contexte de développement exacerbé, les équipements publics indispensables ne suivent pas : si les écoles sortent à grand peine sous forme de structures préfabriquées (parce qu'elles demeurent une compétence obligatoire du maire), les crèches, équipements sportifs, salles associatives, résidences pour personnes âgées sont cruellement absents des programmes de construction.

 

« A vouloir faire de la valorisation foncière à tout prix, les promoteurs immobiliers ont créé des ensembles d'une banalité standard, faisant table rase du patrimoine architectural et historique du quartier »

 

La densification accrue sur certains îlots, pourtant dénoncée par le conseil de quartier, nous rappelle que les promoteurs ont fait de Gerland leur terrain de jeu, au détriment du droit à la lumière pour certains logements, et sans préserver les spécificités du patrimoine industriel du quartier. Le commerce de proximité peine encore à s'installer sur ce secteur qui peut s’apparenter pour beaucoup à un quartier dortoir.

 

Plus inquiétant encore, le patrimoine de la ville est cédé progressivement aux grands groupes économiques. Le stade de Gerland est transformé en zone d'activités économiques par GL Events avec une note très salée de près de 25 millions d'euros pour la Ville de Lyon. La piscine municipale de Gerland est cédée elle aussi au privé, en vue d'un réaménagement en centre nautique, dont les tarifs deviendront prohibitifs. La Halle Tony Garnier, gérée par la Ville de Lyon et source de recettes, est également menacée d'une cession au secteur privé.


Lyon en commun remet en question cette vision d'une métropole qui ne devrait cesser de croître, tout en déléguant son développement au secteur privé, sans une réelle régulation du secteur public pour tenir compte de l'intérêt général et notamment des enjeux du vivre-ensemble.